On vante souvent les bienfaits de la méditation, mais elle peut aussi surprendre : angoisse, souvenirs douloureux, impression d'étrangeté. Cet épisode explore ce que la science dit vraiment des effets indésirables, pour que tu pratiques en toute sérénité, sans naïveté.
Dans cet épisode :
Les raisons pour lesquelles on n'a pas mesuré ces effets pendant des années
Les chiffres réels de prévalence et le pourcentage de retentissement fonctionnel
Les symptômes concrets qui peuvent apparaître (anxiété, déréalisation, etc.)
Des conseils pratiques pour adapter ta pratique et éviter les difficultés
On entend souvent que la méditation est un chemin vers le calme, mais on dit rarement qu'elle peut parfois jouer des tours. Tu as eu des retours d'effets
SPEAKER_00
indésirables
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Oui, et c'est un sujet que la recherche commence tout juste à mesurer. Depuis une dizaine d'années, des études sérieuses montrent que la méditation peut avoir des effets indésirables. Ils ne sont ni rares ni dramatiques pour la plupart, mais ils existent et on n'en parle presque
SPEAKER_01
jamais. C'est étonnant qu'on n'en parle pas. Pourquoi un tel
SPEAKER_00
silence
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
D'abord, parce que dans la recherche, on ne cherchait pas ces effets-là. Une revue systématique de 2018 sur des Donc, même dans les études, on ne les cherchait pas activement.
SPEAKER_01
Et
SPEAKER_00
puis
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Il y a aussi un biais de publication. Une analyse de 2016 a examiné 124 essais randomisés sur la pleine conscience. 87% annonçaient des résultats positifs, bien plus que ce qu'on pourrait prédire. Beaucoup d'essais enregistrés à l'avance n'ont jamais été publiés. En clair, la littérature qu'on lit dans les magazines est filtrée. On sait mille choses sur les bienfaits, mais rien sur les coûts
SPEAKER_01
possibles. Et quand on mesure enfin, qu'est-ce que les chiffres disent
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
La référence la plus citée est une revue systématique de 2020 avec 6700 participants. Elle estime la prévalence des effets indésirables à 8,3%, avec une fourchette de 5 à 12%. Mais attention, ce chiffre est souvent mal interprété. Ce n'est pas 8% des méditants, car le corpus inclut des études de cas qui ne rassemblent que des gens ayant eu un problème. Et le taux varie énormément selon le type d'études 3,7% dans les essais expérimentaux, 33,2% dans les études observationnelles. Cela montre que la surveillance passive dans les essais a probablement sous-estimé le vrai
SPEAKER_01
taux.
UNKNOWN
Donc, 8% n'est pas fiable ?
SPEAKER_01
Qu'est-ce qui est le plus
SPEAKER_00
fiable
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Depuis... Deux enquêtes en population générale, plus solides, ont été publiées. Une de 2022 auprès de 434 personnes, 32,3%, rapporte au moins un effet indésirable, mais seulement 10,4%, un effet ayant duré plus d'un mois, et 10,6%, un retentissement sur leur vie quotidienne. Et surtout, 88,7% de ces personnes sont heureuses d'avoir pratiqué malgré tout. Une enquête de 2025 auprès de 886 Américains donne des chiffres encore plus élevés, mais le pourcentage de retentissement fonctionnel reste autour de
SPEAKER_01
9%. Donc, en gros, environ une personne sur 10 vit quelque chose qui gêne sa vie ordinaire. C'est ça la vraie
SPEAKER_00
donne
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Exactement. Le chiffre le plus honnête à retenir est le retentissement fonctionnel, qu'au cohérent entre 9 et 11% dans deux études indépendantes. Cela signifie que pour la grande majorité, la méditation est bénéfique, mais qu'une personne sur dix peut rencontrer des difficultés qui perturbent vraiment son
SPEAKER_01
quotidien. Et qu'est-ce qu'on ressent concrètement dans ces
SPEAKER_00
cas-là
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Ce que les personnes décrivent, c'est principalement de l'anxiété, parfois une dépression passagère, des perturbations cognitives comme des difficultés de concentration ou des sensations de déréalisation. L'impression de se regarder de l'extérieur. Ces effets peuvent survenir surtout dans des pratiques intensives, mais aussi avec une pratique régulière, même courte.
SPEAKER_01
C'est inquiétant. Est-ce que cela veut dire qu'il faut arrêter de
SPEAKER_00
méditer
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Non, pas du tout. L'idée est de pratiquer en pleine conscience, justement. Il faut connaître ses risques, être attentif à ce qui se passe et adapter sa pratique. Par exemple, si tu sens que ça va mal, tu peux réduire la durée, changer de technique ou en parler à un professionnel. Le plus important, c'est de ne pas s'entêter si ça devient trop difficile.
SPEAKER_01
Et concrètement, on fait quoi pour éviter de se mettre en difficulté
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
Il y a plusieurs choses à faire, commence par des séances courtes, choisis des pratiques guidées par des enseignants expérimentés, Et surtout, ne pratique pas en autodidacte avec une appli sans jamais te poser de questions. Si tu as des antécédents de troubles de santé mentale, consulte un professionnel avant de t'engager dans une pratique intensive. Et si tu ressens un mal-être, ne le minimise pas, c'est un signal à prendre en compte, pas une
SPEAKER_01
faiblesse.
SPEAKER_00
C'est rassurant de savoir qu'il y a des solutions. Pour finir, où peut-on trouver plus de détails
UNKNOWN
?
SPEAKER_00
On y explique les sources, les chiffres et on te donne des conseils très concrets pour pratiquer en toute sécurité. Le lien est dans la description de l'épisode.